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Deux visions de l’Apocalypse XVe – XXIe siècle - Albrecht Dürer – Frédéric Voisin

Extrait vidéo - Deux visions de l’Apocalypse : Frédéric Voisin - Albrech Dürer

Reportage M. Pigeon / M. Movsissian / A. Delage pour FRANCE 3

A l’origine d’une exposition

Confronter art ancien et art contemporain ? Depuis plusieurs années, ce type d’expériences se multiplie dans les grandes comme dans les petites institutions muséales. Cela semblait donc a priori peu original. Et pourtant….

Les artistes contemporains, quand ils travaillent encore la matière picturale ou qu’ils redécouvrent la gouge, interrogent des techniques, des motifs multiséculaires et entament un dialogue avec le passé. C’est ce qui m’a intéressé dans le travail de Frédéric Voisin. cartel1_

Installé à Reims, mais actif à l’international, Frédéric Voisin s’est imposé par son travail d’illustration mais surtout de peinture abstraite. Son œuvre pictural dénote un intérêt pour la matière pure : jeu des pigments, leur couleur, leur matérialité, usage du vernis transcendé jusqu’à devenir un élément du motif.

Avec l’estampe, Frédéric Voisin explore un tout autre mode d’expression : la gravure sur linoléum qui découle de la technique de la gravure sur bois. Mais étonnamment en changeant de technique, l’artiste change aussi de motif. Il se tourne vers la figuration et explore une iconographie traditionnelle. La série des Vanités anatomiques se rattache ainsi à un sujet maintes fois représenté.

Et pourquoi ne pas aborder un sujet peu traité par les artistes et pourtant iconographiquement très riche : l’Apocalypse ? Cette idée, venue spontanément en écho à la série gravée de Dürer conservée à Reims au Musée-Hôtel Le Vergeur, nous a lancé dans une magnifique aventure.

Frédéric a plongé sans réfléchir : communier avec le maître incontesté de la gravure ne se refuse pas. Pourtant si ses premières planches sont proches des compositions de Dürer, très vite, Frédéric est revenu à la source, au texte lui-même. Il s’est intéressé aux commentaires, à l’exégèse et a développé sa propre interprétation graphique des visions et des symboles. Il a détaillé certains passages (trois planches VI en clin d’œil au célèbre chiffre de la bête), développé des éléments ignorés par le maître de la Renaissance (comme les sauterelles, cinquième fléau qui s’abat sur la terre à l’ouverture du septième sceau)…

Une fois le travail sous les yeux, la « révélation » était là. Il ne s’agissait plus de Dürer ou même de Voisin. Il s’agissait de redécouvrir ce texte si célèbre et pourtant si méconnu.

Amélie Beaujouan
Responsable scientifique de collections