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Le texte de l’Apocalypse

Un genre littéraire

Apokalupsis signifie en grec « révélation ». Il s’agit d’un genre littéraire issu de la tradition juive qui couche par écrit une prophétie transmise sous forme de visions et non pas de paroles.

Un auteur

L’auteur se présente lui-même comme Jean de Patmos. Selon la tradition, l’apôtre saint Jean, saint Jean l’évangéliste et Jean de Patmos sont une seule et même personne. C’est pourquoi Dürer représente le martyr de l’apôtre en introduction de sa série (planche 2). Réunies traditionnellement au sein du « corpus johannique » l’Apocalypse, l’Evangile selon saint Jean et les trois Epîtres de Jean ne sont vraisemblablement pas de la même main. Mais leurs auteurs ont reçu les mêmes influences intellectuelles. Jean de Patmos a écrit en grec même s’il était certainement de langue hébraïque ou araméenne comme le prouvent les nombreuses erreurs grammaticales relevées dans le texte par les spécialistes.

Des sources d’inspiration

Les grands textes prophétiques d’Isaïe, d’Ezéchiel, de Zacharie ou de Daniel (seule apocalypse juive reconnue dans le canon biblique) sont abondamment cités. Jean affirme ainsi la continuité entre l’Ancien et le Nouveau Testament et confirme le Christ comme messie et sauveur, symbolisé après la Crucifixion par l’agneau.

L’annonce de la Jérusalem céleste

L’Apocalypse a été rédigée vers 90 de notre ère. A cette époque, les chrétiens sont persécutés par l’empereur Domitien. Cette « révélation » a donc pour objectif de leur redonner espoir, en annonçant l’arrivée imminente du règne de Dieu. Par la redondance du chiffre 7 (symbole de plénitude), par l’alternance entre la description des fléaux et des scènes de réconfort, Jean incite à l’espérance. « Mais celui qui tiendra jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé » (Marc 13, 13 : Annonce de la ruine du temple dite « Petite Apocalypse »).

La chronologie des événements du texte est particulièrement chaotique. Des séries de fléaux s’emboîtent les unes dans les autres (7 sceaux, 7 trompettes, 7 coupes) parfois entrecoupées de scènes intemporelles et calmes. Trois temps principaux se distinguent cependant : le temps des fléaux et du premier combat contre le Diable, le règne du Christ sur terre pendant Mille Ans, le temps du dernier combat et de l’avènement de la Jérusalem céleste.

Les interprétations de l’Apocalypse hésitent donc entre pessimisme (s’arrêtant sur les seuls fléaux qui attendent l’humanité) et optimisme (attendant les Mille Ans de bonheur). Les premiers chrétiens attendaient le retour du Christ de manière imminente. La parousie n’arrivant pas, Saint-Augustin proposa une autre interprétation dans La cité de Dieu (rédigée vers 415-430): le premier combat a déjà eu lieu (victoire du Christ sur les ténèbres) et les Mille Ans de bonheur ont déjà commencé avec le règne de l’Eglise. Passé l’An Mil, l’idée s’est imposée que « Mille Ans » signifie une période très longue.

La série en couleur de Frédéric Voisin vous invite à découvrir le texte de l’Apocalypse, accompagné de quelques clés de lecture. Certains passages non illustrés ont été coupés. Les extraits proviennent de la Traduction Œcuménique de la Bible. Pour faciliter la lecture, les numéros des chapitres et des versets ont été supprimés. Les titres ne correspondent pas forcément à ceux des chapitres du texte.

Amélie Beaujouan.
Responsable scientifique de collections

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